Planètes sonores Nouvelle édition, revue & augmentée
Essais | 2010

Planètes sonores (radiophonie, arts, cinéma), nouvelle édition revue & augmentée d’un épilogue, éditions Monografik, coll. « Écrits », Blou, 2010, 216p.


Aujourd’hui, le son est un acteur essentiel de la création artistique et cet ouvrage — initialement paru en 2007, épuisé depuis, et ici réédité revu et augmenté — l’analyse de manière fragmentaire mais précise, et dans une perspective trans-historique, à travers trois domaines : la radiophonie, les arts plastiques et le cinéma.


Aussi évidente que discrète, la radiophonie, d’abord, fait de notre relation au monde sonore une histoire collective et intime, imaginaire aussi. À travers les adaptations littéraires pour la radio de Pierre Schaeffer, ou la réflexion acousticienne d’Abraham Moles, une première approche spatio-temporelle du son est ainsi présentée.


Viennent ensuite les arts plastiques et la mise en perspective du son dans l’art. Du dialogue entre les arts aux machines utopiques du XVIIIe siècle, du symbolisme aux avant-gardes historiques de l’entre-deux-guerres, du Futurisme à Fluxus, de la sphère audio-visuelle aux relations entre le rock et les arts plastiques, d’une politique des sons à la question de l’inaudible, non seulement le bruit, l’écoute, le silence, la voix, la musique, l’imaginaire de la musique, sa part figurée traversent l’histoire de l’art moderne, contemporain et actuel, mais surtout, ils en produisent la synthèse. Ce livre la met au jour, moins avec l’idée de prétendre à une quelconque exhaustivité (l’actualité du sujet rendrait d’ailleurs la tâche hasardeuse), que d’en faire émerger les pointes notionnelles, conceptuelles, et, plus encore, de les articuler entre elles.


Enfin, une plastique du cinéma faite de sons donne à relire le modernisme et la modernité cinématographique. D’Eisenstein à Welles, de Bresson à Bergman et Antonioni ou, dans des chapitres monographiques, d’Alain Robbe-Grillet à Jean-Luc Godard, l’expérience du son se révèle appréhendée comme autant de crises et de conflits avec l’image qui, en fin de course, ouvrent le cinéma sur l’horizon de la vidéo comme de l’art contemporain.


Trois domaines donc (radiophonie, arts, cinéma) pour explorer ce voyage dans les planètes sonores de la création qu’ils donnent à percevoir et à penser, mais aussi pour interroger la figure d’un essai sur l’écriture du son et la transdisciplinarité qu’il active inévitablement : comment (d)écrire le son ? De ce point de vue, symbolique, des films de Jean Cocteau (Orphée, 1950) ou de David Lynch (Lost Highway, 1997) semblent être deux miroirs (l’un de l’autre à certains égards) pour développer — plus que dans la première version par ailleurs — la notion de « nécrophonie » (les bruits de l’au-delà, l’au-delà des bruits) que ce livre met parfois en avant, et, plus généralement, pour faire un certain éloge de la transdisciplinarité artistique (passages entre les sons, les images et les textes ; passage d’un monde à l’autre). La photographie de Tami Amit qui illustre la couverture de Planètes sonores leur fait, on peut l’imaginer, un discret hommage, enfin mieux, elle en est l’écho.


Cette édition 2010 est également augmentée d'un épilogue qui traite aussi bien de l'œuvre de John Zorn que de notions esthétiques mises en avant, depuis 2007, par l'actualité des arts visuels et sonores. 


Table des matières


Introduction


Qualités photographiques du son (à propos d’Abraham Moles)
Sciences. — Bruits. — Enregistrer, classer. — Images sonores, indices. — Photographies musicales.


La chambre sombre, note sur les temps radiophoniques
Temps réel. — Vitesse (figure imposée). — Fragments (suite). — Mots : signes-sons. — Poétique, magnétique. — La radiophonie, un dispositif d’art contemporain. — La chambre sombre (nécrophonie 1).


L’Art botanique des sons, une ontologie
(Pierre Schaeffer, 
Studio d’essai-Club d’essai, 1942-1952)
Histoire(s) de la radio. — Voix. — L’encyclopédiste. — L’inquiétude du langage.


Récit, récif. La part du son dans les films d’Alain Robbe-Grillet
Filmer la musique de film contre la continuité. — La musique véhicule. — Le magnétophone : élément du système de Trans-Europ-Express. — Le magnétophone à bande, un objet-sonore et le cinéma. — Le fil de la voix. — Temps des figures sonores. — Le bruit du verre qui se casse. — Érotique des sons. — À propos des films de Philippe Grandrieux. — Monochromes, sons.


Planètes sonores. Fragments d’une histoire du son dans l’art contemporain
L’art des correspondances. — Stations oculaires de la musique. — Figurer le son. — L’invention des machines (utopiques). — Territoires improbables du silence. — L’Art des bruits (note sur le Futurisme). — La Ursonate de Kurt Schwitters. — Fluxus. — Plight de Joseph Beuys. — Times (Sarkis, Maurizio Nannucci). — Espaces expérimentaux, expériences de l’espace (mise en abyme, paysages, corps). — Micro-politiques (à partir d’Oracle de Rauschenberg). — Haute-tension. — Poétique de l’inaudible.


Plastique du son au cinéma
Modernisme, modernité (Vertov, Eisenstein, Welles, Bresson). — Silences plastiques (Antonioni, Bergman, Ophüls). — Le son, mode d’emploi (Jacques Tati). - 2001 : Odyssée audiovisuelle. — Bourrasques lunaires chez David Lynch (nécrophonie 2). — Traité d’esthétique musicale et plastique (Peter Greenaway). — Les Invisibles (Thierry Jousse). — L’interface (Zbigniew Rybczynski, Christian Marclay, Pierre Huyghe, Érik Bullot, Cameron Jamie).


Histoire(s) du (son du) cinéma (à propos de Jean-Luc Godard)
Contrepoint et musiques. — Palimpsestes (images, textes, sons). — Ontologie du son de l’image cinématographique. — L’Humanité.


Épilogue


John Zorn est un arbre. — Le monde ouvert des éléments (politique de l’écoute).


 Bibliographie


Index


Table des matières


 ***


Distribution :
Les Belles Lettres Distribution


Diffusion :
Le Comptoir des Indépendants


http://www.monografik-editions.com


 


 


 


© alexandre castant | 2011